( 28 novembre, 2007 )

Jean laffitte

On suppose qu’il est né soit en France[1], soit sur l’île d’Hispanola, actuelle Haïti[2],[3]. Il quitte la France peu de temps après que celle-ci ait cédé la Louisiane aux États-Unis (en 1803) et retrouve son frère Pierre dans les Caraïbes afin d’y faire fortune. Il s’engage dans la contrebande et la piraterie, opérant au nom de son Royaume de Barataria[4], ne reconnaissant de ce fait la souveraineté d’aucune autre nation.

Les itinéraires probablement empruntés par Lafitte pour se livrer à la contrebande.

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Les itinéraires probablement empruntés par Lafitte pour se livrer à la contrebande.

Jean et Pierre s’installent à Barataria près de la Louisiane récemment vendue par Napoléon aux américains en novembre 1803. Il faudra attendre dix ans avant que ce territoire ne devienne un État à part entière et les frères Lafitte vont profiter de ces vides institutionnels et juridiques pour développer une économie parallèle. Barataria est un territoire difficile d’accès composé de trois îles principales toutes idéales pour dissimuler ses bases, sa flotte navale et les « produits de contrebande » : les esclaves qu’il a volés aux Espagnols. La navigation incessante de ses navires autour de ses possessions en interdit presque totalement l’accès[4].

En 1812, l’Angleterre entre en guerre contre les États-Unis, trente ans après la guerre d’indépendance. L’armée américaine est faible. Lafitte, avec 500 de ses hommes et des canons volés aux espagnols est sollicité par les anglais. Il décide de se ranger du côté Américain avec le général Andrew Jackson qu’il avertit de l’imminence d’une attaque. Il négocie son aide contre le pardon pour lui et ses hommes. Jackson refuse d’abord de collaborer avec un criminel mais finit par accepter son aide après avoir lancé seul une première attaque désastreuse.[5],[3]. Le 8 janvier 1815, les canons de Lafitte vont contribuer à tuer près de 2000 Anglais à la bataille de Chalmette – plus communément appelée bataille de la Nouvelle-Orléans – pour huit hommes perdus côté américain[6]. Cette bataille permet à Jean Lafitte de gagner une certaine notoriété, ainsi que le pardon pour ses actes répréhensibles, mais il perd la souveraineté sur son Royaume au profit des américains[1].

Au sommet de son activité, Jean Lafitte commandait une cinquantaine de vaisseaux rapides et bien armés ainsi qu’un millier d’hommes[4].

Jean Lafitte reste avant tout un contrebandier. Il décide de quitter la Louisiane américaine pour s’installer à Galveston au Texas espagnol en proie à l’anarchie afin de continuer ses trafics. Il poursuit son commerce jusqu’en 1820-1821, période à laquelle il est forcé de quitter sa base opérationnelle qu’il livre aux flammes[1]. Sa trace se perd ensuite.

Ce qui lui arrive ensuite reste obscur et les théories sont nombreuses[7]. S’il est attesté que Pierre meurt dans la région du Yucatán fin 1821[8], selon les sources les moins douteuses, Jean Lafitte serait mort soit en 1823 lors d’un combat naval entre son navire, le General Santander, et une flotille espagnole[9], soit en 1826 au cours d’un ouragan. D’autres dates sont citées par nombre de généalogistes et historiens, amateurs ou professionnels, mais il est en tous cas impossible de trouver de témoignage irréfutable concernant la fin de vie de Jean Lafitte après 1822, date de son évasion d’une prison cubaine[8].

Un manuscrit controversé, connu sous le nom de Journal de Jean Laffite[3], raconte comment, après que sa mort fut annoncée dans les années 1820, il aurait vécu dans plusieurs états des États-Unis, fondé une famille à Saint-Louis, Missouri et écrit ce journal avant de décéder aux alentours de 1840. Dans les années 1950, le journal est traduit du français vers l’anglais et édité aux États-Unis. Le manuscrit original est acheté par Price Daniel, Gouverneur du Texas, et est aujourd’hui exposé à la bibliothèque Sam Houston Regional Library and Archives, à Liberty, au Texas. Rien ne permet d’affirmer que ce manuscrit soit une contrefaçon, ni au contraire qu’il soit authentique[3].

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